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LA CERISAIE

Anton Tchekhov / Christian Benedetti / Cie Christian Benedetti

Du 5 au 23 Mars 2018

La Cerisaie / Cie Christian Benedetti

Du lundi au samedi à 20h30
Relâche Dimanche



Jouer La Cerisaie en vaudeville, il n’y a rien d’une proposition iconoclaste, mais une invitation suggérée par le texte même. Et pourtant c’est une pièce sur la mort. Le personnage principal c’est la maison, le domaine, la Russie qui est notre Cerisaie dit Trofimov. Les personnages sont inexistants, ils n’existent que par leur relation avec La Cerisaie. C’est une pièce de troupe. Tout doit être toujours à côté, trop tôt, trop tard, excessif ou insuffisant... depuis le train manqué au début et cette bougie inutile dans la lumière de l’aube, jusqu’aux fiançailles manquées, aux objets perdus, aux queues de billard cassées, au domaine vendu, aux cerisiers abattus, aux illusions projetées sur l’avenir qui le change d’avance en ratage, une sorte de préfiguration de la Russie réduite à la mendicité.

Cette pièce est abstraite comme une symphonie de Tchaïkovski et il faut avant tout, y percevoir des sons.
Une démangeaison.
Et puis ce fil tendu qui casse...
Firs : Avant le malheur ça faisait ce bruit ...
Gaev : Avant quel malheur ?
Firs : Avant la liberté.
Et puis après les derniers mots de Firs “Eh toi, l’inapte !”. C’est peut être bien le fil de la vie.
La pièce commence, ils sont en retard... c’est demain... et demain... demain... c’est déjà aujourd’hui !
Christian Benedetti


Vouloir monter tout Tchekhov.

Parce que l’œuvre pose sans cesse la même question fondamentale: «Qu’est-ce que le contemporain?».

L’ambitieuse expérience d’un retour à Tchekhov en dehors de tout psychologisme, en utilisant les « jeux de théâtre », les objets, les partenaires, les musiques, les voix, les rythmes, les récurrences d'images, de mots, de gestes, en évitant toute pathologie, et en reliant toutes les pièces par les collisions signifiantes et le principe d’un espace unique et allusif de répétition.

La Cerisaie est une pièce abstraite.
Sur le renoncement, le chagrin et le passage.
Dans La Cerisaie c’est le trépignement qu’il faut entendre — l’horreur pénètre les personnages insensiblement, sans qu’ils s’en aperçoivent :
« La Cerisaie est vendue ». Ils dansent.
« Vendue ». Ils dansent.
Et comme ça jusqu’à la fin.
Comme une démangeaison. Une gaîté dans laquelle se font entendre les bruits de la mort.
Comme ce bruit étrange d'une corde qui casse ... Celle du servage... Celle du vieux monde qui meurt. Celle de la vie.

«Il faut effrayer le public, c’est tout, il sera alors intéressé et se mettra à réfléchir une fois de plus.» A.P. Tchekhov



La Cerisaie crée le 23 juin 2015 au Théâtre de la Renaissance à Oullins - Festival des Nuits de Fourvière.

Durée: 1h30

Photos Roxane Kasperski.

Un évènement Télérama, en partenariat avec Théâtre On Line et ScèneWeb.


PRODUCTION : THÉATRE STUDIO
CO-PRODUCTION : LES NUITS DE FOURVIÈRES -- GRAND LYON MÉTROPOLE / POLE CULTUREL d’ALFORTVILLE et l’équipe des comédiens.
SOUTIEN DE l’ADAMI
PARTICIPATION ARTISTIQUE DE L’ENSATT



EXTRAITS DE PRESSE

Christian Benedetti et Frank Vercruyssen (Tg Stan) invités mercredi 9 décembre 2015 à LA GRANDE TABLE sur FRANCE CULTURE pour converser autour de La Cerisaie de Tchekhov

Réécoutez les ici... (à partir de 03:40mn)


Interview de Christian Benedetti au Théâtre du Soleil, le 31 janvier 2016
Ici...


"Cette mise en scène est haletante et moderne. Elle dépoussière le théâtre de Tchekhov. Le théâtre de Christian Benedetti est tout sauf austère. Il y a de l'énergie sur scène. Il monte Tchekhov avec une vitalité impressionnante. Et sa Cerisaie devient une pièce optimiste."
Stéphane Capron
FRANCE INTER


" Un pari audacieux qui se risque vers l'abstraction... Tchekhov voulait qu'on s'amuse, plus qu'on se désole. Sans doute aurait-il salué le courage et le parti pris de Benedetti.Point de folklore exotique. Un mobilier sommaire et brut, un paravent et un grand chandelier pour signifier la petite fête donnée un soir, suffisent. Car les acteurs et le texte priment."
Denis Laboutière
MEDIAPART


"Tchekhov à l'épure. Refusant toute lecture psychologique, le parti pris du metteur en scène Christian Benedetti fait échos à ces regards multiples, à ces personnages très incarnés dont les blessures vont peu à peu s'ouvrir pendant la pièce. Un spectacle juste, authentique, servi par une troupe de comédiens qui mettent ce texte en bouche et en mouvements avec une spontanéité qui tourne le dos aux épanchements de l'âme slave."
Antonio Maffia
LE PROGRÈS


"Le travail de ces acteurs sur la diction apparaît pour ce qu'il est: remarquable, précis. Ils dansent comme ils pleurent, avec une sincérité, une justesse qui suscitent l'émotion et nous les font ressentir comme des frères et soeurs. Cette mise en scène au rythme effréné rétrécit l'espace-temps, nous fait paraître cette Cerisaie bien proche de nous. Si la Cerisaie c'est la Russie qui se délite, ce sont aussi nos racines qui partent en miettes, un monde qui s'effondre. Et nous sommes bouleversés."
Trina Mounier
LES TROIS COUPS